Projet Intercal

Promenade Sonore Montrouge

https://soundcloud.com/tsukuboshi/intercal-promenade-sonore-montrouge

Le regard sur la ville implique le choix de l’extérieur, de la rue. Il y a de multiples façons d’exercer son regard. Promenade, déambulation, errance, sont des thèmes littéraires anciens, souvent empreint de rêveries qui invitent à se laisser happer par la ville. La déambulation urbain devient source, matière évocatrice, d’oeuvres classiques ou de photos contemporaines, de diaporama ou de bande dessinée, de texte descriptif ou de mouvements dansés. Les représentations sont multiples, entre Louis Aragon et Jacques Réda , Willi Dorner et Guillaume Greff. Cette interprétation individuelle a pour conséquence une prise de possession du lieu, devenu le temps d’un moment un miroir très personnel.

En contrepoint, la topographie vise à « épuiser » le lieu. L’approche, traditionnellement à caractère documentaire, est alors systématique par thèmes, par espaces circonscrits, par matières ou objectifs fonctionnels. Collection organisée, basée sur un protocole d’observation précis ; elle a pour objectif d’apporter une connaissance, une appréciation du lieu/bâtiment par sa présentation.

Intercal prend la forme d’un parcours sonore, proposant une juxtaposition et/ou confrontation de ces deux pratiques. Parcours ordonné, fiche signalétique, Ingrid Masson, architecte, propose une première collection classées selon une typologie définie, à l’instar d’Eugène Atget créant des séries, que l’on peut considérer comme autant d’itinéraires à thème (les bâtiments ordinaires ou non, les cours, les portes, etc.).

En réponse avec cette démarche « typologique », les compositions de Nicolas Charbonnier proposent un protocole du regard différent. Une « prise de vue » initiée par l’écoute. La prévisualisation n’est pas conservée sur le dépoli ou sur l’écran de l’appareil photographie. Elle reste mentale, aussi évaporée que la mémoire d’un son. Il reste alors le souvenir de la perception, ou l’invitation à une pratique de l’errance éphémère dans un quotidien incarcéré dans le présent immédiat où l’urgence. Le mouvement, le bruit et la vitesse permettent de s’étourdir dans le temps présent. Nicolas Charbonnier, lui, invite à la désorientation positive. Dans un contexte de recomposition des espaces, des temps et des organisations il investit l’éphémère et s’immerge sur le terrain, se fait explorateur à la découverte des territoires et de leurs habitants. Il enregistre alors le souffle de la ville, les silences des bâtiments ; matières de ces compositions. Il propose alors une lecture sensible et nous invite « à écouter », « à s’écouter ».