Mokuhen

Mokuhen

Kazagumo
http://etherreal.com/

Mokuhen qui nous apparait d’abord comme inconnu, est en fait le projet deLaurent Guérel, déjà croisé en tant que Domo_Kun, en concert ou remixeur deVLAD. Il était alors reconnu pour son electronica warpienne barrée, mais il nous revient chez PPT/Stembogen avec un projet plus proche des musiques concrètes et électroacoustiques.
L’introduction que constitue Hématomes, est une véritable porte d’entrée dans l’univers sonore de Mokuhen, mêlant percussions et froissements métalliques pour un rendu très musique contemporaine, entre électroacoustique et concrète donc. Par la suite, c’est sur cette base classique que Laurent Guérel va poser sa patte. L’album fourmille de sonorités absconses, étranges, qui interrogent l’auditeur, un mélange de curiosités électroniques, glitchs, claquements, souffles, crépitements, et de bruitages réels (ou imitations), ces derniers ajoutant encore à l’aspect cinématographique de la musique de Mokuhen. Chants d’oiseaux et bruits de pas sur Catalogue 0,52, frottements sur Lisière, sorte de coup de balai régulier, servant d’élément rythmique lancinant, répétitif, sur Rain Tree Crow. Un petit côté « cinéma pour l’oreille » donc, mais plus simplement Mokuhen est un créateur d’ambiances, d’atmosphères un peu sombres, inquiétantes, sur lesquelles on colle facilement des images (Frozen, Catalogue 0,52). 
Mais ce qui fait que l’on accroche autant à cet album, c’est l’utilisation de mélodies et sonorités plus classiques, instruments acoustiques ou boucles électroniques, en particulier quand ces éléments y prennent une place subtile, discrète, apportant la petite dose de poésie qui va sublimer le morceau. La plupart des titres intègrent ce type d’élément, parfois de manière assez abrupte avec des morceaux alternant et séparant assez franchement passages concrets et séquences mélodiques, et d’autres lors desquels les styles tentent de cohabiter. A ce titre, on retiendra tout particulièrement La Traversée, un petit bijou de finesse avec de lointaines et subtiles boucles ambient sur lesquelles se baladent crépitement électroniques et percussions improvisées, ou encore l’ambient organique de Carp Streamers.
Kazagumo est un album de contrastes, passant sans cesse de denses tensions à de doux apaisements, formé d’accélérations et ralentissements, empruntant tout autant aux musiques savantes, électroniques, cinématographiques ou encore au jazz. Fort de ces influences et repères, d’un abord un peu difficile, Kazagumos’apprivoise finalement très rapidement pour se révéler être un disque un peu à part, auquel on s’attache. Peut-être parce qu’après de nombreuses écoutes on se rend compte qu’on n’a pas fini d’en faire le tour.
Fabrice Allard
le 9/01/2010

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